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École : pilier crucial pour éviter le mariage d’enfants
Publié le 12/02/2026
École : pilier crucial pour éviter le mariage d’enfants
15 millions de filles en âge d’aller à l’école primaire n’auront jamais la chance d’apprendre à lire ou à écrire (contre 10 millions de garçons).
Pourtant, l’école sauve des vies et transforme des avenirs. Elle protège les filles contre le mariage d’enfants, renforce leur autonomie et peut devenir un véritable espace de sécurité, d’émancipation et de changement durable dans les communautés.
Les enseignant∙es y jouent un rôle incontournable. As-tu toi aussi eu un ou une prof qui t’a marqué et apporté un soutien essentiel à un moment difficile de ta scolarité ? Une figure de confiance, vers qui te tourner quand les choses allaient mal et chez qui tu trouvais aide et bienveillance ?
À l’occasion de la Journée des actes de gentillesse (Random Acts of Kindness Day), le 17 février, nous te montrons comment des enseignantes et enseignants, par un geste d’écoute, de soutien ou de médiation, aident des filles à échapper au mariage d’enfants. Et comment Plan International agit concrètement pour aider ces profs dans leur soutien plus que fondamental.
Hồng : « Je vais t’aider. Concentre-toi sur tes études ! »
Pour Hồng, professeure au Vietnam, le mariage d’enfants est une réalité à laquelle elle est régulièrement confrontée dans sa classe. Un jour, Ngân, 15 ans, vient la voir, inquiète. Sa mère souhaite la marier et a déjà accepté une dot. Ngân sait que ce mariage pourrait signer la fin de sa scolarité.
« Pourriez-vous m’aider à convaincre ma mère de rendre la dot ? » demande-t-elle.
Hồng la rassure en lui disant que son avenir n’est pas entre les mains des autres mais d’elle-même. Puis, avec d’autres enseignant∙es, elle se rend chez la mère de Ngân. Ensemble, ils et elles lui expliquent les risques du mariage d’enfants, mais aussi les perspectives d’avenir de Ngân, ses ambitions et ses possibilités de carrière si elle poursuit ses études.
Finalement, la mère change d’avis : « Elle ne veut pas se marier. Elle veut étudier. Nous ne pouvons pas la forcer. » La dot est rendue à l’autre famille. Pour Ngân, c’est un immense soulagement. Et la preuve qu’une enseignante attentive, formée et engagée comme Hồng peut réellement changer une vie.
Dorcas : « Les filles ont des droits et peuvent devenir tout ce qu’elles veulent. »
Comme pour Ngân, la vie de Dorcas, 16 ans, au Togo, aurait pu basculer si Emmanuel*, son professeur n’était pas intervenu.
Un jour, un homme approche ses parents pour leur demander sa main. « Lorsqu’elle est venue me parler, elle avait très peur de ne plus pouvoir venir en classe », raconte Emmanuel.
C’est au sein d’un club de jeunes, qu’il anime avec le soutien de Plan International, qu’il explique à Dorcas qu’elle a des droits, notamment à l’éducation et à la dignité. « Je l’ai écoutée, rassurée, et je lui ai proposé de jouer un rôle de médiateur auprès de ses parents, avec l’appui d’un leader communautaire. »
Lorsque la médiation démarre, l’ambiance est tendue. Les parents de Dorcas redoutent le regard de la communauté et considèrent l’opposition de leur fille comme un manque de respect envers les traditions.
Mais, au fil des échanges, les parents commencent à comprendre que permettre à Dorcas de poursuivre ses études peut être une source de fierté et non de honte. « Cela n’a pas été facile, mais ils ont compris et renoncé au mariage », se réjouit Dorcas.
*Nom d’emprunt car le professeur n’a pas donné son vrai nom.
Pourquoi l’école peut-elle devenir un obstacle pour les droits des filles ?
L’accès à l’éducation constitue un puissant rempart contre le mariage d’enfants. Pourtant, pour de nombreuses filles, l’école peut aussi être un espace de risques et d’exclusion.
Dans certains contextes, elles sont exposées à des violences sexistes alimentées par des normes de genre néfastes et des rapports de pouvoir inégaux : brimades, châtiments corporels, harcèlement verbal ou sexuel, agressions, voire viols.
L’établissement peut aussi échouer à inclure pleinement les filles, faute de moyens et de formation adéquate. Les enseignant∙es ne sont pas toujours préparé∙es à :
- répondre aux besoins spécifiques des élèves selon leur genre,
- encourager la participation des filles et leur esprit critique,
- repérer et accompagner les situations de décrochage ou de violence.
À cela s’ajoutent des infrastructures souvent inadaptées, comme l’absence de toilettes sûres et dignes ou d’équipements permettant une bonne hygiène menstruelle.
Ces facteurs poussent certaines filles à s’absenter… voire abandonner l’école. Or, c’est aussi précisément à l’école qu’elles apprennent à s’émanciper et, comme Dorcas et Ngân, parfois échapper à un mariage forcé. La solution de nos partenaires : une éducation transformatrice de genre et les profs au cœur de la prévention des violences sexistes !
Notre approche transformatrice
Lorsqu’elle est sûre, inclusive et bienveillante, l’éducation protège les filles et contribue à transformer durablement les normes sociales.
C’est pourquoi Plan International promeut une éducation transformatrice de genre, en plaçant les enseignant∙es au cœur de la prévention.
Nous les formons à :
- Comprendre les liens entre droits humains, genre et mariage d’enfants
- Identifier et remettre en question les normes de genre néfastes
- Mieux saisir les causes et conséquences du mariage d’enfants
- Sensibiliser les élèves et promouvoir l’égalité de genre dès l’école primaire
Ces enseignant·es formé·es peuvent ensuite agir à différents niveaux :
- Individuel : en tant qu’adultes de confiance, ils et elles peuvent dialoguer avec les familles, expliquer les risques du mariage d’enfants, soutenir les filles dans leur scolarité et les encourager à envisager un avenir en toute autonomie et faire entendre leurs voix.
- Communautaire : ils et elles deviennent des relais d’information, en organisant des rencontres parents-élèves et activités communautaires et en dialoguant avec les leaders communautaires et religieux pour faire évoluer les normes sociales.
- Structurel : dans les pays où le mariage d’enfants est interdit, les enseignant·es peuvent alerter et orienter les familles et les filles vers des mécanismes de protection et lever certaines barrières financières (collectes de fonds et solutions locales) afin de leur permettre de terminer leur scolarité.
Nous travaillons également avec eux et elles pour prévenir les violences à l’école, notamment le harcèlement et les châtiments corporels, et créer des environnements scolaires sûrs, protecteurs et inclusifs.
Soutiens nos projets éducatifs !
Partout dans le monde, des professeur·es prouvent qu’un acte de bienveillance peut changer une vie. En protégeant l’éducation des filles, ils et elles contribuent à briser le cycle du mariage d’enfants et à construire des avenirs plus justes.
Soutiens nos projets pour renforcer l’éducation des filles et former les enseignant·es qui font la différence au quotidien.