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Droits des filles et sport : une question de sécurité ?
16/06/2026
Des regards insistants, des propos déplacés sur ton corps ou ta façon de pratiquer le sport, des conseils non sollicités, des mains qui t’agrippent pour « montrer comment faire », un entraîneur trop envahissant... Voilà ce que vivent beaucoup de filles lorsqu’elles font du sport.
Résultat ? Partout dans le monde, les filles en pratiquent moins que les garçons, et l’écart se creuse dès l’adolescence. À 14 ans, elles sont deux fois plus nombreuses à abandonner le sport. En France, 1 femme sur 3 considère la salle de sport comme un lieu « intimidant, voire hostile ».
Or, quand les filles ne pratiquent plus de sport, c’est bien plus qu’un loisir qu’elles perdent : c’est un moyen de rester en bonne santé, mais aussi de sociabiliser, se sentir libre et s’émanciper.
Alors comment les filles peuvent-elles reprendre leur place dans le sport ? Découvre-le dans cet article.
Violences dans le sport : une réalité banalisée mais bien présente pour les filles
Dans beaucoup de clubs sportifs, les filles se sentent épiées et font face à des propos sexistes ou des conseils non sollicités : « Tu devrais travailler tes fesses, viens je te montre », « T'es une fille, tu ne sais pas bien lancer, regarde comment je fais », parfois accompagnés de gestes intrusifs, comme toucher le corps, sous prétexte de guider, conseiller. Parfois, cela va plus loin : filmer sans consentement, harceler, voire agresser sexuellement.
Dans certains cas, c’est même l'entraîneur·euse qui commet des abus. Ayant gagné la confiance du club et des proches de la fille concernée, il est difficile pour cette dernière d’oser s’exprimer.
Or, au lieu de remettre en question les comportements abusifs, on culpabilise les filles : « Tu l’as cherché en mettant ce short ! ». Face à cette situation, beaucoup adoptent des stratégies d’évitement : porter des vêtements amples, venir accompagnée, aux heures creuses ou dans des salles réservées aux femmes.
Quelles conséquences pour les filles ?
Ces violences laissent des traces profondes :
- baisse de l’estime de soi
- stress post-traumatique, anxiété, colère
- isolement et perte de confiance envers les autres
- pensées suicidaires dans les cas les plus graves
Face à cela, beaucoup préfèrent arrêter complètement le sport pour ne plus se mettre en danger. Elles perdent alors un espace qui devrait être un lieu de liberté, de santé et d’épanouissement.
Le sport n’est-il donc pas fait pour les filles ? ...Bien sûr que si ! Tous les sports sont un moyen de jouer et s’amuser, mais aussi de s’émanciper, qui renforce la confiance en soi, développe la résilience, apprend à relever des défis et se dépasser et ouvre de nombreuses portes. Le problème n’est donc pas le sport en lui-même, mais les conditions dans lesquelles les filles le pratiquent.
Que fait Plan International Belgique ?
Le sport doit être un espace sûr où chaque fille peut s’amuser, progresser et prendre confiance, sans peur ni jugement. Pour y parvenir, nous développons des projets qui combinent pratique sportive, formation et changement des mentalités.
Au Sénégal, par exemple, Aïda, 14 ans, participe à notre projet Athletics for Future. Grâce à l’athlétisme, elle a gagné en assurance :
« Parfois, les gens disent que les filles ne peuvent pas faire d’athlétisme, mais je ne suis pas d’accord. Si un garçon peut pratiquer un sport, une fille peut le faire aussi » - Aïda, 14 ans, Sénégal.
Aïda s’entraîne dans un environnement bienveillant, avec du matériel adapté, et bénéficie de formations sur la confiance en soi, le leadership ou encore la prise de parole. « Les personnes du projet sont gentilles avec tout le monde et ça m’a aidé à croire en moi. » Petit à petit, elle devient actrice du changement dans sa communauté.
Change the Game en Amérique latine et aux Caraïbes
Au Mexique, au Salvador, au Pérou et au Paraguay, Plan International mène l’initiative Change the Game, qui utilise le football comme moteur de changement sociétal. L’objectif : briser les stéréotypes de genre, renforcer la sécurité des filles et créer des communautés plus inclusives.
Concrètement, les filles peuvent occuper le terrain de football, jouer, s’amuser et se dépasser dans des espaces sûrs. Tournois mixtes, entraînements et activités éducatives leur permettent de reprendre confiance et se sentir légitimes dans un sport souvent réservé aux garçons. « Lorsque les filles entrent sur le terrain, elles ne font pas que jouer au football : elles s'affirment », nous expliquent plusieurs filles participant au projet en Amérique latine.
En mobilisant les familles, les garçons, les entraîneurs et les autorités locales, nous transformons les normes sociales. Une campagne publique de sensibilisation met en lumière les obstacles auxquels les filles sont confrontées, pour faire évoluer les lois et les mentalités pour mieux les protéger des abus. Les résultats sont déjà visibles au Nicaragua et au Brésil, où l’initiative a déjà été menée : plus de 50 % des participant·es ont renforcé leurs connaissances en prévention des violences.
Et en Belgique ?
Pour renforcer la protection, la solidarité et la sécurité, nous formons aussi les filles et les garçons à reconnaître les situations de harcèlement ou violences sexistes dans le contexte du sport en Belgique. C'est le cas dans un projet organisé en Fédération Wallonie Bruxelles dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026, avec l’appui d'une ambassadrice athlète, Maellyse Brassart.
Soutiens des initiatives sportives sûres pour les filles
Chaque fille mérite de pratiquer le sport - ou juste vivre - en sécurité, avec confiance et sans peur, partout et à tout moment. Voilà pourquoi nous développons des initiatives où elles peuvent s’épanouir, s’émanciper et reprendre leur place librement, mais aussi en changeant les mentalités plus globalement.
C’est dans cet esprit qu’est né l’événement Her Walk. Le 9 octobre, nous marcherons à Gand aux côtés de centaines de personnes pour transmettre un message fort : chaque fille a le droit de se sentir en sécurité partout, y compris dans les espaces sportifs.
En marchant ensemble, nous soutenons les projets qui protègent les filles dans leur quotidien pour leur permettre de s’émanciper et parvenir à leur plein potentiel.
Her Walk
Envie d’agir concrètement ? Rejoins-nous, mobilise ton entourage et marche avec nous
le 9 octobre à Gand pour un monde plus sûr pour chaque fille.