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Saratou s’engage pour l’indépendance des filles

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Saratou, 17 ans, a été contrainte de quitter l'école lorsque les coûts sont devenus trop élevés pour ses parents. "Après la sixième année, mes parents m'ont obligée à rester à la maison. C'était très dur pour moi car je n'avais rien à faire à la maison".  

Saratou vit dans un village rural de la région de Maradi, au Niger. "Nous vivions avec les revenus de mon père, soit environ 10 000 francs CFA par mois", explique-t-elle. Cela représente un peu plus de 15 euros.  

Dans cette région, l'accès à l'éducation pour les filles n'est pas une évidence. Environ 3 filles sur 10 âgées de 15 à 19 ans vont à l’école, soit la moitié des garçons du même âge*. De plus, les enfants doivent souvent parcourir de longues distances à pied pour se rendre à l'école. Pour les filles en particulier, cette distance est synonyme de danger, ce qui inquiète leurs parents qui choisissent alors de les garder à la maison. 

La formation, un tremplin vers plus d’indépendance  

Lorsque les filles quittent l'école prématurément, les risques d’être mariées très jeunes augmentent. A l’inverse, lorsqu'elles acquièrent de nouvelles compétences et sont indépendantes financièrement, elles ne sont plus considérées comme un fardeau par leur famille. Résultat : elles jouissent de plus de liberté de choix.  

Dans 50 villages du Niger, Plan International propose une formation aux filles qui ne vont pas à l'école et risquent de se marier jeunes. Elles apprennent de nouvelles techniques telles que la couture, l'élevage de bétail, la fabrication de produits cosmétiques... C'est le cas de Saratou : "C'est le tailleur du village qui m'a formée. Avec le soutien du chef du village, Plan International accompagne les filles du village qui ont abandonné l'école à devenir couturières."  

Saratou lance son activité dans sa chambre 

"Ma formation a duré deux ans. À la fin, j‘ai reçu une machine à coudre, ce qui m'a permis de créer mon atelier de couture", explique Saratou, qui a maintenant de nombreux client.e.s réguliers.ères.  

"Je gagne 10.000 francs CFA par semaine. Le moment de la récolte est propice à mon activité. Après la récolte, j'achète des pagnes que je couds et que je vends ensuite sur le marché. Je suis la seule couturière du village et je suis très fière de mon entreprise.” 

Grâce à son activité, Saratou peut soutenir financièrement sa famille et veiller à ce que ses frères et sœurs terminent leur scolarité. "Au moment des fêtes, je confectionne des vêtements pour mes frères et sœurs. Je paie leurs fournitures scolaires ainsi que leurs uniformes et je contribue aux frais de leur scolarité”.

Saratou prend les mesures d’une cliente pour lui coudre une robe.

Épouser l'homme de mon choix 

Saratou souhaite également se marier. "Avec l'argent que je gagne, je peux contribuer aux frais de mon mariage et épouser l'homme que j'aime quand je le souhaite." se réjouit-elle.  

En tant que couturière indépendante, Saratou est devenue un modèle pour les autres filles de son village. "Mes copines qui ne vont pas à l'école viennent apprendre la couture avec moi. Dans cinq ans, je veux ouvrir un atelier de couture pour former d’autres jeunes filles qui ont abandonné l'école", affirme-t-elle avec détermination.  

 

*26,9 % des filles contre 50,2 % des garçons sont scolarisés. Source : Direction régionale de l'éducation nationale du Niger.  

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