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Soudan : 22 ONG s'inquiètent de la famine aggravée
Publié le 06/02/2026
Le Cadre Intégré de Classification de la Phase Humanitaire et de la Sécurité Alimentaire (IPC) met en garde contre une malnutrition aiguë atteignant le niveau de famine dans deux autres régions du Darfour-Nord.
Aujourd’hui, l’IPC tire la sonnette d’alarme concernant une malnutrition aiguë, atteignant un niveau de famine, qui a été détectée dans deux autres localités du Darfour-Nord, Um Baru et Kernoi. Il y a trois mois à peine, l'IPC avertissait déjà que la famine sévissait dans les États du Darfour et du Kordofan, avec un risque élevé que cette situation s'étende davantage.
Les niveaux de malnutrition aiguë nouvellement identifiés représentent une privation extrême et potentiellement mortelle, et la famine pourrait bientôt être confirmée par l'IPC dans ces nouvelles régions. Pour les jeunes enfants, le danger est particulièrement grave : la malnutrition affaiblit considérablement leur immunité, les rendant beaucoup plus vulnérables aux maladies à un moment où les services de santé et autres ont été gravement perturbés, voire complètement paralysés.
L'expérience mondiale nous a appris que les confirmations de famine arrivent souvent trop tard. Des milliers de personnes y ont peut-être déjà succombé et de nombreux enfants survivant·es risquent de subir des séquelles à vie.
Cette nouvelle alerte confirme ce que les communautés et les intervenant·es redoutent depuis des mois. La famine s'aggrave et s'enracine dans des zones auxquelles les acteurs humanitaires n'ont pas accès. Même dans les endroits où nous pouvons intervenir, les ressources sont largement insuffisantes pour répondre aux besoins considérables et enrayer la propagation de la famine.
Plan International et 21 organisations humanitaires internationales avertissent que d'autres régions risquent de connaître des conditions catastrophiques similaires. Cependant, l'escalade du conflit et les restrictions d'accès sévères empêchent toute évaluation complète et toute intervention rapide. Depuis près de trois ans, les acteurs armés au Soudan mènent des attaques délibérées contre les civil·es et les infrastructures civiles essentielles à la survie. Le Soudan est également le théâtre d'une guerre sans merci contre les femmes et les filles, qui continuent d'être victimes de violences sexuelles systémiques liées au conflit.
Ces violences ont contraint des millions de personnes à quitter leur foyer et à abandonner leurs moyens de subsistance, ont détruit la capacité des populations à produire et distribuer de la nourriture, et ont régulièrement bloqué leur accès à l'eau, aux soins de santé et aux services de protection.
Les restrictions à l'accès humanitaire, le manque chronique de financement et l'insuffisance de la volonté politique convergent vers une catastrophe qui n'aurait jamais dû se produire. Sans un accès immédiat et sans entrave aux opérations humanitaires, parallèlement à une augmentation rapide des ressources, y compris pour les acteurs locaux, la propagation de la famine ne pourra pas s’arrêter.