Actualités Tremblement de terre : 5 leçons tirées des décombres
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Tremblement de terre : 5 leçons tirées des décombres

01/04/2025

Eenvoudige waarheden van verwoestende aardbevingen

Leçons tirées des décombres : des vérités simples tirées de tremblements de terre dévastateurs

Vendredi dernier, le 28 mars 2025, le Myanmar a été secoué par un violent tremblement de terre de magnitude 7,7 sur l’échelle de Richter. La région de Mandalay a été particulièrement touchée. Le Dr Unni Krishnan, Directeur Humanitaire Global de Plan International, nous partage cinq leçons précieuses pour répondre efficacement aux situations de crise. 

Là où se trouvaient autrefois des communautés prospères, les maisons sont aujourd'hui détruites et les débris éparpillés. Sur place, des enfants effrayé∙e∙s se blottissent les un∙e∙s contre les autres, craignant de nouvelles répliques. Le Myanmar et la Thaïlande voisine ont déclaré l'état d'urgence et le Myanmar demande une aide internationale. Les hôpitaux débordent de survivant·e·s qui souffrent de graves traumatismes crâniens et de fractures.   

Au fil des années, le Dr Unni Krishnan a travaillé avec des communautés locales et des bénévoles dans des zones sismiques du monde entier, de l'Inde et de l'Iran au Japon, en passant par Haïti et la Turquie. Les tremblements de terre puissants bouleversent des vies et des paysages – rien n’est plus jamais pareil. Le Dr Krishnan a vécu de près l’immense dévastation de chaque secousse, mais aussi la solidarité humaine universelle qui en découle.   

Dr Unni Krishnan

Voici ses réflexions et quelques-unes des leçons qu'il a tirées de son expérience des tremblements de terre : 

  1. La préparation et la prudence sauvent des vies

« Ce sont les répliques qui ont achevé ce que le séisme principal avait commencé », confiait une mère en Haïti en 2010. Le séisme de magnitude 7,0 a été suivi par plus de 50 répliques en l’espace de deux semaines. Ces répliques secondaires peuvent faire s’effondrer complètement des structures déjà endommagées. S’il est presque impossible de prédire les répliques, la préparation et la vigilance peuvent toutefois sauver des vies. 

  1. Soutenir, et non remplacer, les intervenant·e·s sur place

Les bénévoles sur place sont toujours les premier·ère·s à intervenir, parfois les seul·e·s pendant plusieurs jours. Ce sont les seul·e·s à essayer de sauver des vies. Extrayant les survivant·e·s des décombres à mains nues, ces personnes constituent l’épine dorsale des opérations de de secours. 

L’aide extérieure doit compléter, et non concurrencer ou remplacer, les efforts et l’aide des volontaires sur place. Au Népal, après le séisme de 2015, le Dr Krishnan a pris conscience, en partie avec l’aide de ses collègues de Plan International, du fait que la catastrophe était trop importante pour que le pays puisse y faire face seul. « La solidarité universelle est essentielle », expliquaient ces bénévoles. Mais l’aide extérieure doit respecter et renforcer les efforts locaux, pas les éclipser. 

  1. L’aide vitale est essentielle, mais les besoins invisibles le sont tout autant

La nourriture, l’eau et l'aide médicale font la différence entre la vie et la mort. L’assistance financière en situation de crise est tout aussi essentielle : elle permet aux personnes touchées, en particulier aux femmes, de répondre à leurs besoins fondamentaux avec dignité, souplesse et autonomie. Mais tous les besoins ne sont pas visibles. 

Les séquelles psychologiques d’un tremblement de terre sont profondes et durables. En Iran (2003) et au Japon (2024), le Dr Krishnan vu comment les répliques ont littéralement épuisé la population. En Inde, après le séisme du Gujarat (2001), des enfants lui ont confié avoir désormais trop peur pour dormir. Des mères lui ont également raconté que leurs enfants se réveillaient en hurlant à cause de cauchemars. Nous devons offrir un soutien en santé mentale aux enfants et aux familles après une situation d’urgence. 

  1. Protéger les plus vulnérables : les enfants d’abord

Les séismes touchent tout le monde, mais pas de la même manière. Les enfants, les personnes âgées, les femmes et les personnes en situation de handicap sont plus exposé·e·s. Les enfants séparé·e·s de leur famille sont aussi particulièrement vulnérables. De plus, dans certains contextes, les filles sont particulièrement exposées au risque d’exploitation et d’abus. 

Imaginez des enfants isolé·e·s dans des villages reculés, des enfants devenu·e·s orphelin·e·s, errant parmi les ruines, des filles exposées à la traite des êtres humains et aux abus. La participation des jeunes et donner aux adolescentes une voix dans la prise de décision peut faire une énorme différence dans les efforts de secours. Pour toutes ces raisons, Plan International s’engage à protéger tou·te·s les enfants, en particulier les filles, car les urgences amplifient leurs vulnérabilités préexistantes et en font des cibles faciles. 

 « Les tremblements de terre exposent les enfants à des risques immenses : séparation familiale, sans-abrisme et violences », explique Paola Belotti, experte en protection de l’enfance dans les contextes humanitaires. Elle souligne que lorsque les écoles s’effondrent, les enfants perdent plus qu’un lieu d’apprentissage, mais aussi leur sécurité, leurs repères et leur espoir. « Créer des espaces d’apprentissage et d’hébergement sûrs pour les enfants et les jeunes n’est pas seulement essentiel, c’est une urgence absolue. Ces espaces apportent protection, soutien émotionnel et un sentiment de normalité dans un monde bouleversé ». 

  1. Déconstruire un mythe : ce ne sont pas les séismes qui tuent, mais les bâtiments fragiles

On entend souvent que ce sont les tremblements de terre qui tuent. En réalité, ce sont les bâtiments mal construits qui sont mortels. Vivre dans un pays doté de normes de construction rigoureuses et d’infrastructures solides augmente considérablement les chances de survie lors d’un tremblement de terre. 

Prenons le séisme de San Francisco en 2014 (magnitude 6,1) : les routes ont été endommagées, des personnes blessées, mais aucune perte humaine n’a été constatée. Comparez cela avec Haïti en 2010 (magnitude 7,0), où 220.000 personnes ont trouvé la mort. Ou encore avec le Pakistan en 2005, où 16.000 enfants sont décédé·e·s dans l’effondrement de leurs écoles. La différence ? Les normes de construction. Des structures plus sûres se traduisent en moins de morts et de souffrance. 

Le Dr Krishnan se souvient encore de la dévastation au Népal : « la peur dans les yeux des enfants et des bâtiments vieux de plusieurs siècles réduits en poussière ». Pourtant, dans les régions dotées d’infrastructures solides et de plans de préparation aux catastrophes, la vie peut continuer après un tremblement de terre. Ce n’est pas la magnitude du séisme qui fait la différence, mais les choix que nous faisons avant que la terre ne tremble. 

Compassion et solidarité : la véritable mesure de l’humanité 

Les efforts humanitaires doivent respecter la dignité des survivant·e·s et satisfaire aux normes humanitaires minimales. Protéger les enfants, lutter contre les violences liées au genre et assurer la sécurité des filles ne sont pas des options, ce sont des priorités. 

Avec le temps, le Dr Krishnan a eu l’occasion de rencontrer des travailleur·euse·s humanitaires courageux·ses et altruistes. Ces personnes nous rappellent que c’est en investissant dans les communautés avant qu’un désastre ne survienne que l’on renforce la résilience et la préparation. C’est ainsi que l’on brise le cycle de la vulnérabilité et de la destruction.  

L’aide humanitaire doit continuer bien après le départ des caméras. Elle est un acte de compassion et de solidarité. Dans un monde globalisé, chacun·e peut faire la différence : en partageant des messages de soutien, en faisant un don ou en défendant les droits des enfants et des filles dans les situations d’urgence. 

Les grands séismes laissent des cicatrices durables, sur les paysages comme dans les cœurs. Il y a toujours des milliers de tâches urgentes à accomplir. Mais si nous devons commencer quelque part, commençons avec les enfants. Ce sont elles et eux qui ont le plus besoin de nous. 

Aidez les enfants face à la crise

Les enfants sont les premières victimes des crises. Faites un don pour soutenir notre réponse humanitaire.  

Votre don permet de fournir de la nourriture et des couvertures, d’assurer des espaces sûrs où les enfants jouent et continuent à apprendre.

Dès 40 euros, votre don est déductible fiscalement et revient à seulement 22 euros.

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