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El-Fasher : les enfants toujours en première ligne
Publié le 28/10/2026
Il y a un an, la chute de la ville d’El-Fasher, dans le Darfour du Nord, a contraint de nombreuses familles à fuir. Elles subissent encore aujourd’hui les conséquences dévastatrices d’un conflit qui a détruit leurs maisons, perturbé leur scolarité, anéanti leurs moyens de subsistance et compromis leur avenir.
La chute d’El-Fasher en octobre 2025 a fait suite à un siège brutal de 18 mois qui a privé les habitant·es d’un accès adéquat à la nourriture, aux soins de santé et à l’aide humanitaire. Plus tôt cette année, la fact-finding mission internationale indépendante des Nations unies sur le Soudan a conclu que les atrocités commises lors de la prise de contrôle d’El-Fasher présentaient les « caractéristiques d’un génocide », des meurtres à caractère ethnique, des violences sexuelles généralisées et d’autres violations graves ayant été documentés.
Aujourd’hui, plus d’un demi-million de personnes déplacées vivent à Tawila et à Dar Es Salam, ainsi que dans leurs environs, où de graves pénuries de nourriture, d’eau potable, de logements, d’éducation et de services de protection font perdurer le danger. Le déplacement de populations se poursuit également : rien qu’en septembre 2026, plus de 3 400 nouvelles personnes sont arrivées à Tawila, ce qui exerce une pression encore plus forte sur les communautés et les services déjà surchargés.
Les collaborateur·rices de Plan International ont également recueilli des témoignages faisant état de violences sexiste, de travail d'enfants et de mariages précoces, tandis que les familles continuent de lutter pour survivre. Selon l’UNICEF, plus de 8 millions d’enfants en âge scolaire au Soudan ne sont actuellement pas scolarisé·es. Rien qu’au Darfour, plus des trois quarts des enfants ne vont pas à l'école. Ils et elles courent ainsi un risque accru d’exploitation, d’abus et de recrutement par des groupes armés.
Les adolescentes sont particulièrement touchées : certaines ont été contraintes au mariage et à la maternité, ce qui les a obligées à renoncer à leur éducation et leurs rêves d’avenir. Les signalements de grossesses résultant de violences sexuelles soulignent les risques encourus par les filles. À cela s’ajoutent le traumatisme psychologique, la stigmatisation, l’isolement social et la responsabilité écrasante de la maternité alors qu’elles sont elles-mêmes encore des enfants.
Mohamed Kamal, directeur de Plan International Soudan : « Les gros titres ont peut-être déjà changé de sujet, mais les enfants et les familles d’El-Fasher continuent de vivre chaque jour avec les conséquences de ces événements. Ce qui s’est passé à El-Fasher était bien plus qu’une simple crise de déplacement. Il s’agissait d’attaques répétées contre des personnes civiles qui ont détruit des vies, des communautés et des avenirs. Les enfants ont perdu des proches et des ami·es, leurs maisons, leur scolarité et leur sentiment de sécurité. Un an plus tard, ils et elles restent déplacé·es, dans l’incertitude quant à leur avenir et privé·es des opportunités auxquelles tout enfant devrait avoir droit. »
Il poursuit : « Survivre ne suffit pas. Les enfants ont besoin d’opportunités pour apprendre, se reconstruire et planifier leur avenir. Nous avons un besoin urgent d’une action internationale renforcée pour protéger les personnes civiles, garantir l’accès humanitaire et investir dans des services qui aideront les enfants et les jeunes à reconstruire leur vie. Si nous n’agissons pas, toute une génération risque de payer le prix de ce conflit pendant des années. »