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Scolarité et sécurité des filles : un combat essentiel
Publié le 07/09/2026
En Belgique et dans d’autres pays, les enfants ont repris le chemin de l’école. Un rituel qui fait son retour chaque année et pour de nombreux enfants et jeunes. C’est un moment rempli d’espoir et de nouvelles opportunités.
Pourtant, 122 millions de filles à travers le monde ne vont pas à l’école, c’est-à-dire 1 fille sur 7. Partout dans le monde, elles continuent de faire face à des obstacles qui limitent leur accès à une éducation de qualité et un avenir à la hauteur de leurs ambitions.
Parmi ces obstacles, différentes formes de violences à l’école les empêchent d’avancer et de s’épanouir : stéréotypes de genre, remarques déplacées, humiliations, agressions…
- 246 millions de filles et garçons subissent des violences dans le milieu scolaire chaque année.
- Jusqu’à 40 % des violences subies par les adolescentes se produisent à l'école (source : UNESCO)
- Ces violences ont des conséquences graves sur la santé physique et mentale des filles, mais aussi sur leur avenir.
En cette période de rentrée, c’est l'occasion de rappeler que chaque fille mérite les mêmes chances de grandir, d'apprendre et de réaliser leur potentiel, à l’abri de toute violence.
Découvre l’action de Plan International Belgique pour garantir le droit fondamental des filles à une scolarité sûre et de qualité.
Quels types de violences ?
La violence liée à l’école peut prendre différentes formes, notamment :
- Agressions physiques, coups, blessures
- Humiliations, insultes, rumeurs (parfois relayées en ligne)
- Agressions sexuelles, viols
Les auteur·rices sont souvent des enseignant·es, des camarades ou des membres du personnel scolaire. Certaines filles témoignent par exemple de propositions de bonnes notes contre des faveurs sexuelles, ou de punitions violentes infligées par des adultes censé∙es les protéger.
Un autre problème est celui des installations sanitaires, qui dans certaines écoles ne permettent pas de garantir la sécurité des filles et une intimité adéquate. La prise en compte des règles est particulièrement oubliée dans les communautés comme l’explique Nohelia, 14 ans, au Honduras : « Il n’y a qu’une toilette pour les filles et les garçons ensemble et elle n’est pas sûre. Je préférais alors ne pas aller à l’école du tout. »
Dans d’autres cas, les violences se produisent sur le chemin de l’école : « Un jour, j'ai dû aller à l’école toute seule et une moto m'a suivie. Le conducteur m'a coupé la route et a essayé de m'attraper. J'ai eu vraiment très peur. » - Erika, 12 ans, Equateur.
Pourquoi ces violences ?
Les violences vécues à l’école reflètent une réalité plus large : une société où les stéréotypes de genre et les inégalités de pouvoir restent profondément ancrés.
Elles sont notamment causées par :
- Des filles perçues comme « inférieures » ou comme des cibles faciles
- Une objectification constante de leur corps
- Des représailles envers celles qui osent refuser les rôles qu’on leur impose
Ces violences ne sont donc pas isolées : elles s’inscrivent dans un système qui discrimine les filles dès le plus jeune âge.
Et toutes les filles ne sont pas logées sous la même enseigne. Certaines sont davantage ciblées en raison de leur situation personnelle ou sociale (LGBTQIA+, handicap, réfugiée, ethnie, pauvreté...).
Crises : des violences sexistes aggravées
En cette Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, nous trouvions essentiel de rappeler que dans les contextes de crises (conflits, catastrophes, famine, etc.), les violences sexistes à l’école deviennent encore plus graves. Les écoles peuvent être attaquées ou occupées par des groupes armés.
Dans les pays touchés par la guerre ou l’instabilité politique, des filles sont souvent blessées, kidnappées, exploitées sexuellement ou violées sur le chemin de l’école.
« Un enfant a été agressé à l’école. J’ai eu peur », explique la jeune Samy, 11 ans, qui vit dans une région en proie à la violence de gangs en Equateur.
Les conséquences sur la scolarité sont dramatiques, les filles dans les contextes de crise ont 2,5 fois plus de risques d’être non scolarisées et 90 % plus de risques de ne pas être scolarisées au niveau secondaire.
Des conséquences lourdes et durables
Les violences vécues par les filles à l’école laissent des séquelles profondes :
- Décrochage scolaire temporaire ou définitif
- Blessures et traumatismes physiques
- En cas d’agression sexuelle : IST et grossesses précoces
- Peur, baisse de l’estime de soi, dépression...
Pour se protéger, ou sur décision de leur famille, certaines filles quittent l’école ou n’y mettent jamais les pieds par peur des violences. Les conséquences sont majeures : moins de chances de trouver un emploi, plus de risques de mariage d’enfant, de traite de personnes ou de mourir en couche.
Des projets qui changent la donne
Pour changer la donne, Plan International Belgique met en place des espaces scolaires où la sécurité des filles est garantie, dans des espaces où elles sont protégées, par exemple des conflits ou des catastrophes. Nous formons et sensibilisons aussi les enseignant∙es à la lutte contre les violences sexistes et l’inclusivité, pour éviter contre toute forme d’abus.
Dans ces écoles, les élèves apprennent à repérer, comprendre et dénoncer les violences de genre. Nous organisons notamment des séances interactives où ils et elles peuvent échanger, se soutenir et briser les tabous.
Via le projet Decidir sin Violencia (Décider sans violence) de Plan International au Pérou, Mitzy, 15 ans, anime des ateliers dans son école pour sensibiliser les autres élèves à la prévention des violences sexistes, ainsi que des tournois de football et de volley-ball où garçons et filles jouent ensemble, sans crainte. « J’ai trouvé de nouvelles manières de mener le changement dans ma communauté », dit-elle.
Pour ce qui est des installations elles-mêmes, nous équipons les écoles qui en ont besoin de toilettes plus sûres pour les filles. C’est le cas de celle de Nohelia en Honduras : « Maintenant, il y a des toilettes uniquement pour les filles et ça me fait me sentir vraiment en sécurité », se réjouit-elle
Pour assurer la protection des filles sur le chemin de l’école, nous organisons également leur transport. Par exemple, au Sénégal, des charrettes viennent chercher les filles chez elles et les emmènent à l’école gratuitement, ce qui les protège d’éventuelles agressions.
En parallèle, nous mobilisons les communautés, les parents, les leaders locaux et les autorités pour renforcer la protection des filles et promouvoir leurs droits.
De cette manière, les filles peuvent vraiment se sentir en sécurité à l’école et garantir leur avenir.
Envie d’aider les filles à se protéger des violences ?
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