Harcèlement sexuel : décrypter les signes et dire non

Le harcèlement sexuel, ici dans la rue, est malheureusement une réalité vécue au quotidien pour de nombreuses filles.

Savais-tu que 91% des filles et jeunes femmes en Belgique ont déjà subi du harcèlement sexuel au cours de leur vie ? Messages lourds, appels malaisants, sifflements, gestes déplacés... Voilà quelques exemples d’une violence trop souvent banalisée. Découvre ici comment la reconnaître et réagir pour y mettre fin. 

Entre 2019 et 2023, le nombre de signalements de harcèlement sexuel a triplé auprès de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Ces chiffres ne sont que la partie visible de l’iceberg, mais ils prouvent déjà que la société comprend peu à peu que le harcèlement sexuel est inacceptable.  

Suite à la vague #MeToo, ce qui était toléré il y a quelques années encore ne passe plus : les blagues douteuses sont dénoncées en ligne, la parole se libère et les entreprises s’équipent de chartes tolérance zéro.  

Un réveil collectif nécessaire : en Belgique, près d’une femme sur quatre déclare avoir subi du stalking : un harcèlement obsessionnel et répété. Parmi les agissements cités ? L’envoi fréquent de messages, des appels obscènes, menaçants, dérangeants ou même silencieux, la présence insistante d’une personne qui rôde autour du domicile ou du lieu de travail, ou encore le fait d’être suivie ou espionnée de façon répétée. Dans la moitié des cas, ces comportements se produisaient avec une fréquence allant de plusieurs fois par semaine à tous les jours. 

Ces actes de harcèlement montrent qu’ils sont souvent liés à un rapport de pouvoir et que les stéréotypes visent surtout les filles et les minorités de genre. Et ça laisse des traces : en Belgique comme ailleurs, ces agressions fragilisent la confiance, perturbent les parcours scolaires ou professionnels et pèsent lourdement sur la santé mentale.  

Reconnaître le harcèlement sexuel : un enjeu social et culturel 

On peut se poser la question : pourquoi minimise-t-on encore trop souvent ces agressions ? D’un côté, les normes sexistes banalisent les blagues salaces. De l’autre, les clichés de « victime coupable » culpabilisent celles et ceux qui osent parler. 

Or, admettre que ces agressions sont graves, c’est déjà avancer : on peut alors parler d’éducation au consentement, prôner la tolérance zéro dans l’espace public et lancer des campagnes qui donnent des pistes concrètes pour faire reculer la violence sexiste.  

À partir du moment où on comprend ce phénomène et on brise le silence, on soutient celles et ceux qui en sont la cible et on fait un pas vers plus d’égalité. 

Harcèlement sexuel : la définition selon la loi 

Que dit la loi ? 

En Belgique, le harcèlement sexuel est défini comme « tout comportement non désiré à connotation sexuelle, qu’il soit verbal, non verbal ou physique, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne et de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ». Il n’a pas besoin d’être répété : un seul acte suffit, et il peut avoir de graves conséquences sur la personne. 

Jusqu’en 2007, la loi visait surtout le lieu de travail. Mais la loi du 10 mai 2007 a élargi la protection : le harcèlement sexuel est devenu une forme de discrimination interdite partout, que ce soit chez soi, durant ses loisirs ou en rue, avec la possibilité pour la personne ciblée d’obtenir facilement des dommages et intérêts.  

La loi du 22 mai 2014 tenir ou publier des propos sexistes, siffler ou toucher quelqu’un dans l’espace public peut aujourd’hui valoir jusqu’à un an de prison et 50 € à 1 000 € d’amende. Pas rien, non ? Ces textes montrent que la Belgique prend désormais le problème au sérieux et offre aux personnes ayant subi un harcèlement sexuel plusieurs chemins pour se défendre. 

Autre info intéressante : la victime n’a pas besoin de prouver une intention. C’est l’effet ressenti qui compte. Même en ligne, un message déplacé peut donc relever de la loi et encourir une amende.  

Ce qu’est le harcèlement sexuel 

Pour t’aider à y voir clair, voici cinq exemples concrets tirés du quotidien : 

  • Dans la rue, un passant siffle, fais des commentaires sur ton physique et insiste malgré ton silence. 
  • Sur Instagram, un message privé exige des photos intimes en échange d’un « follow ». 
  • Au bureau, une main se pose à plusieurs reprises sur tes épaules même après ton retrait. 
  • À l’école, un élève diffuse une rumeur sexuelle. 
  • Dans un bus de nuit, un inconnu te filme sans consentement.

Comment repérer une situation problématique ? 

Les signes de harcèlement sexuel incluent des commentaires répétitifs sur l’apparence, des contacts physiques dits « accidentels », des sollicitations persistantes après un refus, ou encore le partage d’images intimes sans accord. Si tu ressens un malaise, de la peur ou toute forme de pression, c’est déjà un signal d’alerte. 

Ce que le harcèlement sexuel n’est pas 

Pas question d’interdire la drague. L’important est de voir la différence entre un crush respectueux et une attitude lourde. 

  • Faire un compliment et voir l’autre sourire, c’est OK. Tant que c’est respectueux et partagé, ce n’est pas du harcèlement. 
  • Une bourde unique, ça arrive. Mais si tu continues après un « non » clair, là ça devient lourd et problématique. 
  • Draguer ou tenter ton crush, c’est cool… à condition que chacun·e soit partant·e avec un vrai « oui » enthousiaste. Sinon, c’est de la pression, pas de la séduction. 

Consentement vs pression : où est la limite ? 

Le consentement est libre, éclairé, enthousiaste et réversible. Tout ce qui repose sur la culpabilisation, le chantage, ou la peur de représailles s’appelle de la pression. Sans un « oui » clair et joyeux, ce n’est jamais un consentement ; c’est une atteinte à ton intégrité. 

En savoir plus sur le sujet du consentement 

Harcèlement sexuel au travail, à l’école, dans la rue 

Au travail : exemples concrets et devoirs de l’employeur 

En Belgique, près d’une femme sur trois et près d’un homme sur cinq disent avoir déjà subi du harcèlement sexuel au travail au moins une fois dans leur carrière. 

En pratique, ça peut prendre des formes très concrètes, dont voici quelques exemples : 

  • Propos obscènes : un collègue lâche régulièrement des blagues à caractère sexuel quand tu passes près de son bureau. 
  • Regards insistants : ton/ta supérieur·e te fixe de haut en bas à chaque réunion, jusqu’à te mettre mal à l’aise. 
  • Chantage : on te promet une évaluation positive « si tu acceptes un verre après le boulot ». 
  • Attouchements : une main qui s’attarde sur ton épaule ou le bas de ton dos, même après que tu te sois écarté·e. 

Autant de gestes qui laissent des traces : ils génèrent un stress chronique, entraînent des arrêts maladie, minent la confiance en soi et bloquent les promotions ou projets de carrière. 

Pour inverser la tendance, l’employeur doit désormais prévenir et sanctionner ces faits, sous peine de poursuites civiles. 

Chaque entreprise est tenue de désigner une personne de confiance - un·e collègue spécialement formé·e, indépendant·e de la hiérarchie, chargé·e d’écouter les salarié·e·s, de consigner leurs témoignages en toute confidentialité et de les orienter vers les démarches internes ou externes adaptées.  

Elle doit aussi afficher une procédure de plainte simple (en ligne ou via un numéro interne) et former tous les échelons hiérarchiques au repérage des signaux d’alerte. Un audit annuel et des groupes de discussion anonymes permettent enfin de mesurer les progrès et d’ajuster les actions. 

Mais tant que ces garde-fous ne seront pas systématiques et connus de tous, le lieu de travail restera un terrain miné. 

À l’école : des campus en passe d’être « safe » 

La cour de récré et l’auditoire devraient être des espaces sûrs pour tout le monde. Pourtant, l’enquête BEHAVES révèle que près d’un tiers des 13 000 répondant·e·s de l’enseignement supérieur francophone a déjà subi des violences sexistes ou sexuelles, harcèlement compris. 

Entre pressions pour un « date », notes contre faveurs et vannes humiliantes en soirée, l’ambiance peut vite devenir toxique. 

Heureusement, les écoles réagissent, avec différentes initiatives : 

  • Une ligne d’écoute anonyme 24/7 : chaque grand campus universitaire dispose d’un numéro ou d’une messagerie instantanée disponible jour et nuit : tu racontes ce qu’il s’est passé sans donner ton nom, et une équipe de psychologues t’écoute, note les faits en toute confidentialité et t’oriente au mieux. C’est le cas par exemple de la cellule « Together » de l’UCLouvain, gérée par des pros indépendants de la hiérarchie.  
  • Des ateliers Consentement & Témoins : avant d’organiser une soirée ou de gérer un cercle, les étudiant·e·s suivent un workshop interactif : repérer une agression, intervenir sans danger, guider la personne concernée vers de l’aide. À l’ULB, la formation « Si c’est pas oui, c’est non » est obligatoire et directement accessible dans l’espace cours en ligne.  
  • Un règlement “zéro tolérance” : si les cercles veulent organiser un event, ils doivent s’engager noir sur blanc contre le harcèlement.  

Avec ces leviers et un suivi transparent des plaintes, les campus peuvent enfin passer du mode survie au mode respect. 

Harcelée pour avoir créé une équipe 100% filles  

Luz, 17 ans, vit au Paraguay. Depuis toujours, elle motive les autres filles de son quartier : « Apprenez, faites-vous entendre ! ». Quand elle se présente à la présidence du conseil des élèves avec une équipe 100 % filles, la réaction est violente : moqueries, affiches arrachées, remarques sexistes dans les couloirs. « J’ai fini par changer d’école, je ne supportais plus le harcèlement quotidien. » 

Soutenue par sa mère et un programme d’engagement pour les jeunes de Plan International, Luz a retrouvé confiance en elle. Elle rêve aujourd’hui de devenir architecte et d’aider d’autres filles à connaître leurs droits. 

Luz, 17 ans

Dans la rue : l’espace public sous pression 

Le harcèlement de rue reste la routine pour beaucoup en Belgique. 91% des filles et 28 % des garçons y ont déjà été confronté·e·s.  

Une autre enquête montre qu’une femme sur sept se sent rarement, voire jamais, en sécurité quand elle se déplace. Elles sont même neuf sur dix à changer d’itinéraire, d’horaire ou de tenue, pour limiter le risque. 

Ce qu’on croise le plus souvent : 

  • Remarques sexistes ou insultes sur le physique. 
  • Filatures : une femme sur cinq a déjà été suivie, et une sur trois à Bruxelles. 
  • Partages de photos sans accord ou propositions douteuses du style « crédits Uber contre bisous ». 

Malgré la loi de 2014 qui punit le harcèlement de rue, les plaintes restent rares et le sentiment d’impunité persiste encore. 

Heureusement, des solutions émergent progressivement. Des « safe places » labellisées (gares, cinémas, bibliothèques) voient le jour à Namur, Bruxelles ou Louvain-la-Neuve 

Mais tant que ces initiatives ne seront pas généralisées, se déplacer librement sans crainte restera un défi pour beaucoup. 

Quand plusieurs discriminations se superposent 

Le harcèlement sexuel ne frappe pas au hasard : quand le genre se combine avec d’autres facteurs - couleur de peau, handicap, orientation sexuelle, identité de genre ou encore statut migratoire - le risque grimpe en flèche. Amnesty rappelle que les stéréotypes racistes sexualisent encore les filles racisées : on leur colle l’étiquette « plus disposées », ce qui nourrit les remarques exotisantes et les avances lourdes. Unia, de son côté, montre qu’une femme en situation de handicap subit plus de violences que ses pairs valides, parce qu’on la pense « faible » ou « toujours consentante ». 

Cette accumulation d’agressions laisse des traces : peur de sortir, décrochage scolaire, autocensure dans le choix des études ou d’un job.  

Sur internet : le cyberharcèlement sexuel explose 

Sur internet, on n’est pas non plus à l’abri du harcèlement. Selon la toute dernière étude de l’OMS, un enfant d’âge scolaire sur six (15 %) dit avoir déjà subi un cyberharcèlement, tandis qu’un sur huit (12 %) reconnaît avoir harcelé d’autres jeunes en ligne. 

Des chiffres en hausse depuis 2018. Il est clair que passer jusqu’à six heures par jour sur le Net accroît les risques. Et les dégâts ne sont pas qu’en ligne : toujours selon l’OMS, il existe des risques réels d’anxiété, d’isolement, voire d’automutilation et d’idées suicidaires. 

« Je poste rarement ma vie, je ne me sens pas en sécurité. » 

Adriana, 23 ans, joueuse en ligne brésilienne, cache son genre derrière un pseudo neutre. Dès que d’autres gamers découvrent qu’elle est une fille, l’ambiance change : « Ils deviennent agressifs, ils m’insultent. » Les messages haineux s’enchaînent, parfois relayés sur son compte Instagram. Elle a signalé ces comportements. L’un des harceleurs a été banni, les autres écopent… de cinq minutes de suspension. Résultat ? Adrénaline, anxiété et un fil d’actualité qu’elle n’alimente plus que rarement. Malgré tout, elle reste convaincue que « l’éducation et des règles claires des plateformes » peuvent inverser la tendance.  

Adriana, 23 ans, a signalé des comportements abusifs d’autres gamers sur le web.

Quelles sont les différentes formes de cyberharcèlement ? 

Le cyberharcèlement peut prendre plusieurs visages, mais tous reposent sur le même principe : agir en ligne sans ton consentement pour te blesser, te contrôler ou t’humilier. 

  • Cyber-harceleur classique
    Insultes à répétition, messages menaçants, commentaires humiliants sous chacun de tes posts : en solo ou en meute, l’objectif est de te faire craquer. Résultat : stress, troubles du sommeil et peur d’aller sur internet.
  • Doxxing
    On divulgue ton adresse, ton numéro ou tes photos privées dans un groupe public, ce qui met à mal ta sécurité physique : visites non désirées, appels anonymes, intimidation, etc.
  • Cyber-stalking
    Des likes sur chacun de tes posts, des messages nocturnes, des faux comptes pour te suivre partout, une géolocalisation en temps réel : tu as l’impression d’être traqué·e 24 h/24. L’anxiété monte, tu t’isoles et redoutes chaque notification.
  • Revenge porn
    Un·e ex diffuse, ou menace de diffuser, tes nudes sans accord. C’est un viol de ton intimité car tu risques une humiliation publique, un chantage émotionnel et de lourdes répercussions sur tes études ou ton job.
  • Deepfake / deepnude
    On colle ton visage sur un corps nu ou dans une vidéo sexuelle truquée. Prouver que c’est faux prend du temps. Ta réputation est salie et le ou la maître-chanteur·se peut exiger de l’argent ou plus d’images.
  • Cyberflashing
    Tu reçois soudain une photo à caractère sexuel non désirée via AirDrop, Bluetooth ou sur ta messagerie. Une intrusion brutale qui peut laisser un vrai choc, sans compter que c’est souvent illégal.
  • Catfishing et usurpation
    Quelqu’un crée un faux profil (ou se fait passer pour toi) pour tromper, te soutirer des infos ou te harceler. Tu perds confiance et risques même des ennuis financiers ou scolaires.

À retenir : que ce soit un message lourd ou un deepfake, le point commun reste l’absence de consentement et l’intention de nuire. Si tu es visé·e : garde les preuves (captures d’écran, URL), bloque l’auteur·e, signale ces comportements aux plateformes réseaux sociaux et, si nécessaire, dépose plainte. Des lignes d’aide comme le 3018 ou des Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) peuvent t’accompagner gratuitement et en toute confidentialité. 

Pourquoi Internet n’est pas un « no man’s land » 

Contrairement à l’idée reçue, le web n’échappe pas au droit : un message obscène, un deepfake ou un partage non consenti d’image intime relève du Code pénal belge (articles 443 à 449) et peut entraîner amendes, peines de prison et interdiction d’exercer certains métiers numériques. 

Les plateformes sont également tenues de retirer rapidement les contenus signalés sous peine de lourdes sanctions européennes (DSA, 2024). Publier ou partager un deepnude, même « juste pour rire », expose donc à des poursuites. 

L’impact psychologique à long terme 

Car au-delà du choc initial, le cyberharcèlement sexuel peut laisser des traces durables. Stress, anxiété, chute de l’estime de soi, insomnies constituent des conséquences courantes. Chez les jeunes, ça peut en plus se traduire par une phobie scolaire et même un décrochage ou une lourde baisse des notes. Un quart des jeunes ciblé·e·s avouent même avoir déjà envisagé l’automutilation.  

Pour limiter ces dégâts, deux réflexes s’imposent : obtenir au plus vite un soutien psychologique et recréer un espace numérique sûr : nouveaux comptes, paramètres de confidentialité renforcés, suppression rapide des contenus préjudiciables. 

La prévention s’avère également très utile : SAFEHAVEN par exemple apprend aux jeunes à gérer de manière ludique les comportements inappropriés (comme le harcèlement sexuel) dans les mondes virtuels. 

Que faire en cas de harcèlement sexuel ? 

  1. En tant que témoin, réagir en toute sécurité 

Si tu es témoin, applique la méthode des 5 D (Distraire, Déléguer, Détacher, Diriger, Différer) pour aider sans te mettre en danger. Voici chaque étape reprise dans un tableau, avec un exemple concret : 

Distraire

Action : Créer une diversion pour stopper l’agression.

Comment faire ? Fais tomber ton stylo, demande l’heure, lance une blague hors sujet.

Exemple concret Dans le bus, tu demandes soudain « Pardon, c’est bien l’arrêt pour la gare ? » afin de détourner l’attention de la victime

Déléguer

Action : Chercher de l’aide auprès d’une tierce personne.

Comment faire ? Alerte un·e ami·e, un·e prof, un·e conducteur·rice, un·e agent·e de sécurité.

Exemple de concret : Au concert, tu signales la situation à un·e steward·e ou à la barmaid.

Documenter

Action : Enregistrer les faits dès que c’est sûr et légal.

Comment faire ? Filme discrètement ou note l’heure, le lieu, ce qui se dit. Demande ensuite la permission de partager ces preuves.

Exemple de concret : Tu prends une photo du numéro de la rame et tu écris à la victime ce que tu as vu et entendu pour étayer sa plainte.

Diriger

Action : T’adresser directement à la victime pour lui montrer ton soutien. 

Comment faire ?  Pose-toi à ses côtés, demande « Ça va ? Je peux rester avec toi ? ».

Exemple concret : Dans la rue, tu rejoins la personne ciblée : « Salut, ça faisait longtemps ! Tu veux qu’on marche ensemble ? ».

Différer

Action: Vérifier le bien-être de la victime après coup.

Comment faire ? Quand la tension retombe, propose un café, un numéro d’aide, ou accompagne-la pour déposer plainte.

Exemple concret : Plus tard, tu envoies un message : « Je repense à ce qu’il s’est passé. Besoin d’en parler ou d’aller dans un Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles ? ».

Choisis toujours la tactique qui te paraît la plus safe sur le moment. Parfois, une phrase anodine suffit à couper l’élan de l’agresseur et à rappeler à la personne ciblée qu’elle n’est pas seule. 

  1. En tant que victime, signaler, dénoncer et porter plainte

D’abord, rappelle-toi : le harcèlement sexuel n’est jamais ta faute. 

En situation d’urgence, compose le 112 et mets-toi à l’abri. 

Si tu es toi-même victime de harcèlement sexuel, voici les actions concrètes à entreprendre : 

  • Note immédiatement dates, lieux et témoins ; sauvegarde les messages et captures d’écran. 
  • Dans les sept jours qui suivent une agression, contacte un Centre de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) : ils sont ouverts 24 h/24 et proposent au même endroit soins médicaux, soutien psychologique et dépôt de plainte auprès d’un inspecteur·rice spécialement formé·e. 
  • Au travail ou à l’école, contacte la personne de confiance ou la cellule d’écoute ; à l’échelle nationale, l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes recueille aussi les signalements. 
  1. Se faire accompagner

Si la situation dépasse tes limites, tourne-toi vers ces contacts : ils sont classés par type de besoin et peuvent intervenir rapidement. 

  1. Que faire si un·e ami·e est concerné·e ?

  • Écoute et crois-le/la : ne minimise jamais son expérience. 
  • Respecte ses choix : propose de l’accompagner dans un CPVS, au poste de police ou à une permanence juridique, sans imposer ta solution. 
  • Documente : aide à classer captures d’écran ou messages, seulement si la personne le souhaite. 
  • Prends soin de toi : soutenir quelqu’un peut être émotionnellement lourd ; parle-en à un·e professionnel·le si nécessaire. 
  1. Passe à l’action : forme-toi, parle-en et fédère !

  • Participe à des formations de témoins, comme la campagne Stand Up contre le harcèlement de rue ou les ateliers d’autodéfense de l’ASBL Garance. 
  • Relaye autour de toi les 7 solutions pour faire reculer la violence sexiste; elles vont de l’éducation à la prise de parole publique. 
  • Encourage ton école, ton employeur ou ton club sportif à instaurer des chartes « tolérance zéro » : le Plan d’Action National 2021-2025 prévoit déjà des modules contre le harcèlement dans l’espace public et la vie nocturne. 
  • Retrouve d’autres conseils pratiques et formations gratuites sur le site de l’ONG Right To Be, pionnière de la prévention du harcèlement en ligne et hors ligne. 

Plan International face au harcèlement sexuel 

En Belgique et partout dans le monde, Plan International met les jeunes aux commandes pour rendre chaque coin plus sûr : 

  • Cartographier les points noirs en ville :  notre plateforme interactive Safer Cities Map permet aux jeunes de cartographier les lieux où ils et elles se sentent en insécurité et de formuler des recommandations : éclairage mieux pensé, présence policière mixte et ateliers pour mieux réagir face à des comportements limites dans les écoles et centres jeunes. 
  • ​​Former les collégien·ne·s à la sécurité en ligne : au Vietnam, Plan International explique à des jeunes comment repérer les arnaques, signaler le cyberharcèlement et demander de l’aide. 654 enfants et 70 adultes ont déjà été sensibilisé·e·s, des protocoles de protection ont été mis en place dans les écoles et six victimes accompagnées vers un soutien adapté. [Link to be added once page published] 
  • Des transports plus sûrs pour les filles : À Kampala, en Ouganda, notre programme Safe Ride forme les conducteur·rice· s de minibus et installe des lignes d’appel d’urgence ; l’enquête de suivi montre que 45 % des filles avaient subi un harcèlement dans les transports avant l’intervention, un chiffre en baisse depuis la mise en place des ateliers et affiches de sensibilisation. 
  • Une safe zone sur les festivals : Plan International participe à l’initiative We Care A Lot lors de festivals d’été. À Rock Werchter, des bénévoles formé·e·s aux 5D, c’est-à-dire au repérage de comportements déplacés sont présent·e·s au festival. Au Pukkelpop, ils et elles sensibilisent les festivalier·ère·s au consentement. Le stand sert de zone refuge pour se calmer l’esprit, en parler ou envoyer un SMS d’urgence au service de sécurité du festival.  
  • Retrait express des nudes non consentis : Au niveau digital, Plan International plaide pour des législations contre les deepfakes et soutient la Take It Down Act aux États-Unis. L’objectif : retirer rapidement les images intimes partagées sans consentement, un pas essentiel pour protéger les mineur·e·s en ligne.
Les volontaires de Plan International animent le stand We Care A Lot lors d’un festival de musique.

Comment s’engager avec nous ? 

Être acteur de changement 

À l'âge de 16 ans, j'ai rejoint Plan avec l'objectif de contribuer au changement de la société. Grâce au projet Safer Cities, j'ai pris conscience de l'ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés. Mon engagement chez Plan me permet de jouer un rôle actif dans son développement et d'avoir un impact, même minime. J'aspire à voir une Belgique et un monde plus sûrs et équitables émerger grâce à ces efforts. 

Yousri, 23 ans.
Yousri, 23 ans, participe à une initiative de Plan International pour rendre les rues plus sûres pour les filles en Belgique.

Tu veux toi aussi t’engager pour lutter contre le harcèlement sexuel ? Voici quelques idées :  

  1. Rejoins le Youth Advisory Panel
    Participe aux décisions de terrain : notre Youth Advisory Panel réunit des jeunes de 16 à 24 ans pour co-créer des campagnes et projets locaux. 
  2. Cartographie ta ville
    Visite la plateforme en ligne Safer Cities Map et signale les zones où tu te sens en insécurité. Ces données servent de base aux dialogues avec les maires et urbanistes.
  3. Anime un atelier consentement
    Plan International met à disposition un kit pédagogique gratuit pour organiser, dans ton école ou ton club, une séance interactive sur le respect et les limites.
  4. Participe aux consultations citoyennes 
    Lorsque nos équipes préparent un plaidoyer (transports sûrs, lutte contre les deepnudes, etc.), nous ouvrons des questionnaires publics pour recueillir les expériences et idées des jeunes. Garde un œil sur nos actus pour y contribuer. 

Alors, on passe à l’action ? 

FAQ

Qu’est-ce qui est considéré comme harcèlement sexuel ?

La loi belge qualifie de harcèlement sexuel tout comportement à connotation sexuelle non désiré, qui atteint la dignité d’une personne ou crée un climat hostile. Ce peut être des paroles, gestes, messages, images ou contacts physiques, que ce soit dans la vie réelle ou sur le web. 

Quels sont les 3 types de harcèlement ?

Le harcèlement peut être moral (insultes, isolement, menaces), sexuel (propositions, gestes ou chantages à caractère sexuel) ou discriminatoire (attaques fondées sur l’origine, le handicap, l’orientation sexuelle…). Dans la réalité, ces 3 catégories se recoupent souvent : un commentaire raciste et sexuel cumule aussi discrimination et violence sexiste, d’où l’importance d’une approche intersectionnelle pour protéger toutes les victimes. 

Comment savoir si c’est du harcèlement sexuel ?

Pose-toi trois questions : 1) Le geste ou la phrase était-elle à caractère sexuel ? 2) Avais-je donné un accord clair et enthousiaste ? 3) Me suis-je senti·e humilié·e, menacé·e ou en insécurité ? Si la réponse est oui à la première et la dernière, et non à la deuxième, c’est du harcèlement sexuel. Un seul acte peut suffire, s’il provoque un climat hostile. 

Comment définir le harcèlement sexuel au travail ?

Au travail, le harcèlement sexuel est considéré comme une discrimination de genre : tout comportement sexuel non sollicité, lié ou non à une promesse de promotion ou à une menace de sanction, est interdit par la loi du 10 mai 2007. L’employeur a l’obligation de prévenir ces faits via un règlement interne, un conseiller·ère en prévention et des formations. En cas de manquement, l’entreprise peut être civilement responsable aux côtés de l’auteur·rice. 

Qui sont les stalkers ?

Un stalker est une personne qui impose à une cible des messages, visites ou filatures répétées, afin de la contrôler ou l’intimider. Ce peut être un·e ex refusant une rupture, un inconnu obsédé par une figure publique ou un cyberharceleur·se agissant en groupe. Toutes les victimes, y compris les garçons et les personnes LGBTQIA+, peuvent être visées, mais les femmes restent majoritaires. Le stalking devient un délit dès qu’il provoque peur ou détresse, même sans menace explicite. 

C’est quoi le catcalling ?

Le catcalling regroupe les sifflements, commentaires sur le physique ou des invitations « pour rire » lancés dans l’espace public. Née aux États-Unis, l’expression décrit des actes banalisés mais illégaux en Belgique : depuis 2014, tout propos à caractère sexuel qui réduit la liberté de mouvement d’autrui peut être verbalisé jusqu’à 1 000 € d’amende.